26 janvier 2008
La mort vous va si bien
Je bois mon thé matutinal sans Papistacherie. Une citation de Mark Twain volète dans la pièce, assez lentement pour la lire du coin de l’œil : « Ne perds pas ton temps à répéter que le monde te doit quelque chose. Le monde ne te doit rien. Il était là avant toi.» C’est ce que j’aurais aimé dire à un jeune homme recroquevillé dans ses poings hier, mais elle ne m’est revenue que ce matin. Un peu tard pour la spontanéité, tant pis… Il s’en apercevra tout seul, avec ou sans casse-couettes pour le lui dire. Je sors de ma rêverie quand une réclame à la radio tente de me séduire. La voix est féminine, douce, sensuelle. Très sensuelle. Les consommateurs potentiels sont exclusivement masculins, ou les femmes succombent toutes à des émois saphiques faut-il le croire, puisque le recours à cet artifice est de plus en plus fréquent. Je l’écoute et recrache mon thé. La voix me suggère de regarder un film empli de meurtres de psychopathe, barbouillé de sang chaud et de corps refroidis. L’érotisation de la mort, de la douleur et de la violence est de plus en plus présente pour vendre n’importe quoi. Les débats philosophiques sur les rapports entre Sade et Masoch ne me parlent pas. La confrontation des pulsions freudiennes d’Eros et Thanatos me fait bien rire. Par contre, vouloir rendre la mort sexy me fait vomir. Banaliser, esthétiser le meurtre et planquer les mouroirs indigents de la République et des familles abandonniques est un paradoxe malsain que je ne cautionnerai jamais. J’ai éteint la radio. Le Stabat Mater fraîchement interprété par Philippe Jarousski prend la suite. Le chant est magnifique, mais grave, étroitement lié à la douleur et la mort qu’il dépeint. Si l’art a plusieurs facettes, je sais lesquelles je préfère regarder en plein visage.
22 janvier 2008
Bis repetita placent
Quand j’étais petite… Oui, vous avez raison, on s’en fiche un peu. Nous ne sommes ni dans la rubrique « journal intime » d’un blog girly, ni dans la lucarne à blaireaux. Rhaaaaaa quel dommage, je vous aurais bien raconté la fois où… Bon, d’accord vous ne saurez pas. Il n’empêche qu’à cette époque j’étais scolarisée comme tous les enfants sans-papiers de mon âge, et qu’il y avait un exercice qui en rebutait plus d’un : écrire une rédaction. La plus célèbre étant celle de la rentrée où il fallait raconter ses vacances. Cruel exercice où les mouflets croyaient devoir y dire toute la vérité – et non ! Pas de futur politicien dans ma classe cette année-là – à la maîcresse "Aurélie de Sorbet de Pougnadorès mon petit j’ai déjà contacté ton papa et ta maman pour leur demander de te prendre un rendez-vous chez l’orthophoniste" et où chacun pouvait vérifier les mérites comparés de leurs parents en fonction de la destination et des loisirs qu’ils avaient pu leur payer. "Han ! Valérie Tortochot la honte, t’as jamais vu la mer ! "
La maîcresse pour corriger nos torchons nous traitait tous sur un pied d’égalité, puisque du haut de nos quelques pommes, nous buvions notre honte devant les cercles rouges dont elle entourait nos répétitions. Elle avait deux haines tenaces, une pour le verbe « faire » qu’elle trouvait plutôt cossard et pauvre, et une autre pour les mots utilisés plusieurs fois. Nos relectures nous permettaient d’énucléer nos textes de bis, de ter voire de quater (si ! si ! Ca m’arrive encore), vulgaires yeux de pomme de terre raclés par nos stylos effaceurs. Si je mets la main sur celui qui a dit : bis repetita placent…
Ceux qui rédigeaient leurs proses avec une bonne orthographe et une richesse de langage suffisante pouvaient éventuellement fantasmer sur des études littéraires, et pourquoi pas sur une école de journalisme.
C’est pourquoi je vous préviens : si je trouve encore un journaliste pour utiliser les mots : tarmac, tsunami et bling-bling dans les médias, je lui fais bouffer sa carte de presse !
22 décembre 2007
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Où là
17 décembre 2007
Les antibiotiques, c'est pas automatique.
« Plus c’est gros, mieux ça passe » disait Goebbels en parlant du mensonge. Rocco l’a dit aussi, mais je ne crois pas qu’il parlait de la même chose… Enfin je n’en sais rien, je ne parle pas très bien l’allemand et je ne maîtrise pas du tout l’italien…
Notre boule de nerfs en chef doit probablement être polyglotte parce qu’il en use et en abuse un peu beaucoup de cette maxime. Quoi ? Bien sûr que si c’est une maxime, depuis la visite du Guide vert on peut la considérer comme une règle morale, donc une maxime. D’ailleurs, maintenant que je sais que gagner de l’argent justifie tout, je vais me mettre à vendre de la drogue ; ou des humains ; voire même, mais là c’est vachement osé, péter le Da Vinci Code du Travail. Comme l’a si justement fait remarquer Laurence Parisot, sa liberté de penser (et celle du Medef ndlr) s’arrête là où commence le Code du Travail.
Quoi ? Non, vous avez raison, je vais me contenter de faire payer une franchise sur les soins, ça passera plus facilement. Dans le doute, je vais m’afficher avec Barbie Aphone chez Disney qui est un merveilleux symbole culturel français, et le peuple sera content. J’aime plaire au peuple. Bon, en même temps, je ne suis pas Présidente de la Présité, et je n’ai pas le même niveau de vie. Alors je vais me souvenir des perles de sagesse que nous ont sortis Notre Humble Talonnette et la baronne Antoinette Parisot, à savoir que si « la vie est précaire, la santé est précaire, pourquoi le travail ne serait-il pas précaire ? » et que si « certains comportements sont d’origine génétique », il serait plus que temps que je favorise l’automédication, parce-que pour l’accès aux soins on va bientôt faire comme les anglais, nous arracher nous-mêmes les chicots sous anesthésie au whisky.
Mais vers qui me tourner pour demander conseil ou avoir un bon diagnostic ? Un commerçant pharmacien ? Une conne post pubère à forte poitrine déléguée médicale ? Un boucher médecin ?
Et bien en fait, je vais demander à un chimpanzé.
En effet, les chimpanzés sont capables d’avaler des feuilles de ficus pour cicatriser des plaies ou calmer une diarrhée, de mastiquer des plantes toxiques puis d’absorber de l’argile pour neutraliser leur toxicité et lutter contre le paludisme, et de se soigner plus généralement avec des végétaux à l’activité antiparasitaire, antivirale, antimicrobienne voire inhibitrice de tumeurs cancéreuses.
C’est une bonne nouvelle non ? Bon, le problème, c’est que je ne sais pas encore comment l’annoncer aux créationnistes…
13 décembre 2007
Pause son et lumière
Je sais, ce n'est pas récent, mais regardez-le en mode plein écran et le son à fond ; moi ça me file une patate d'enfer à chaque fois !
Je précise qu'il n'y a pas de trucage et qu'il a prévenu ses voisins pour l'occasion.
09 décembre 2007
Tombe l'aiguille
En fait quand tu m'as dit : " Ca sent le sapin", j'ai vraiment cru qu'il était mort...
On n'est pas sérieuse quand on a dix-sept ans ?
Voici une lettre adressée au courrier des lecteurs du journal hebdomadaire Jeune Afrique par une gamine de dix-sept ans depuis Châlon sur Saone en 1982. La demoiselle devait s'ennuyer ferme pendant son heure d'étude car c'est dans ce cadre qu'elle a rédigé ce courrier, republié récemment par les blogs de John Paul Lepers et d'Arrêt sur Images.
Elle s'appellait Rachida Dati et voici ce qu'elle écrivait :
« C’est avec un grand plaisir que j’écris à J.A. car il est devenu une source d’exposés en classe et c’est pour cela que je vous serais bien obligée de publier ma lettre. Si je parle ainsi, c’est en connaissance de cause, en étrangère malgré ma naissance et toute ma vie passée en France. Dans J.A. n° 1144, un article a particulièrement attiré mon attention, celui des travailleurs “clandestins”. Le problème s’accentue sous toutes ses formes. Avec ces régularisations des “sans-papiers”, avec ceux qui font la grève de la faim pour être enfin assimilés à leurs compatriotes étrangers en règle. Le résultat est hausse de tension, racisme et même xénophobie envers ces étrangers dont la plupart ne le méritent pas, quelle que soit leur situation. Ces réactions sont fortement ressenties à tous les niveaux et particulièrement dans les endroits publics (écoles, bureaux). Est-ce la faute de ces étrangers, qui sont venus pendant la prospérité et qui, dorénavant, sont remis en cause quotidiennement ? Alors, je tiens à dire aux Français qui disent aux étrangers : « Si tu n’es pas content, retourne dans ton pays où on crève de faim » qu’ils sont ridicules. Ils ne s’imaginent pas la crise qui pourrait atteindre “leur” pays avec le départ de “ces bougnoules”. Quant au slogan des employeurs, c’est : « Tais-toi ou pars ! » Excusez-moi pour l’écriture, mais je vous ai écrit en étude. » Signé : Rachida Dati, 17 ans.
05 décembre 2007
La pastille de la discorde
Aïe… j’étais à deux doigts de bisounourser dans un état semi-comateux jusqu’à Noël, bercée par une radio et une télé éteintes pour ne pas m’énerver trop fort et ainsi soulager mes voisins – moins celle d’en face, à son âge la petite veinarde est sourde – mais bien sûr je vais sur Internet ! Et si j’évite les blogs sur l’actualité, je me farcis quand même la une du Monde en ouvrant mon agrégateur de flux.
Cons.ter.nant ! Ah si ! Quand vous tenez quatre jours sans info, ça fait un choc.
Je ne vais pas aborder les sujets parmi les pires, ils se passent de commentaires et entre nous il vaudrait mieux qu’on se sorte les doigts du futale pour passer à l’action plûtot que d’aboyer dans nos salons quand la caravane passe.
Il y a un sujet pas grave, pas plein de sang, de guerre, de famine ou de kidnapping qui m’a quand même bien courroucée, c’est le coup de l’écopastille qu’on va nous administrer en suppositoire en 2008 – je sais, je suis vulgaire, j’assume ! (voix de Maria Pacôme dans La crise)
Alors, on ne pourra pas me taxer d’être une conductrice pollueuse et consumériste, je n’ai pas de voiture et me déplace en métro-bus. Du coup on ne pourra pas me taxer avec ce nouvel impôt conditionaliste non plus.
Mais qu’est-ce qu’en est-il ? (voix off de Guy Bedos)
Et bien nous avons affaire à une sublime tartufferie, qui consistera à dire en gros : petit français, gros consommateur, public chéri mon amour votant, tu vas encore payer, et en culpabilisant en plus.
Le parc automobile s’essoufle, parce-que cet andouille de peuple est majoritairement en train de voir son pouvoir d’achat baisser. On avait déjà réussi à le manipuler en l’obligeant à attacher ses bouts de viande nourrissonnes dans des coques tellement énormes qu’il fallait acheter une voiture plus grosse pour les faire tenir. Il faut dire que le peuple est très bête, sinon ça ne marcherait pas aussi bien, et de nos jours il est fréquent d’entendre une pépète le test Clerblue tout juste positivé à la main s’écrier : « Chéri achetons une Mégane, nous allons avoir un bébé ». La veille ils étaient rentrés d’un dîner, raccompagnant de pneu de maître et dans la foulée deux potes qui avaient très bien tenu à l’arrière de la Punto, mais pour le machin de quelques centimères, il fallait à présent casser le nourrain.
Nos mères faisaient plus de momards que nous, et nous fermions nos gueules sur la route des vacances à côté du chien qui pétait à l’arrière de la 4 ailes, car elles avaient la main leste et «je ne veux pas savoir qui a commencé, une baffe à chacun comme ça il n’y a pas de jaloux». La fraterie était serrée mais elle tenait sans broncher !
Bon, mais le problème, c’est que la femelle française se renouvelle moins vite que le parc automobile dont il est présentement question, alors il faut trouver une autre combine pour faire cracher le crétin moyen au bassinet.
Alors, qu’est-ce qui est à la mode ? Qu’est-ce qui fait flipper un peu tout le monde et qui concerne toutes les couches de la société ? L’écologie mon ami. Alors que ce soit bien clair, je suis moi-même en totale empathie avec les objecteurs de croissance, plus croyante que pratiquante certes, mais bon, au moins on voit à peu près d’où je parle.
Or donc, la voiture ça pollue, ça tue et ça rend con. – Oui, c’est pratique aussi, ne détourne pas la conversation. – Merveilleux ! Faisons gober une taxe qui touche tous les portefeuilles de ces mangeurs de grenouilles et obligeons-les subtilement, qu’ils soient aisés ou indigents, à acheter un nouveau véhicule. Youpi ! Très bien ! Quand est-ce prévu pour ?
Alors grâce à ce qui n’est encore qu’un amendement, les constructeurs automobiles pourront continuer à fabriquer des véhicules qui polluent, mais ce n’est pas eux qui paieront, c’est toi ! Si ! si ! mon ami ! Tout de bon ! Tu es relativement aisé ou aspirant à le faire croire ? Tu paieras une taxe sur ton 4x4 qui pollue et qui tue (pour la connerie t’as pris l’option avant)!
Tu es conséquament dans la mouise et tes voisins te surnomment affectueusement Boudu sauvé du métro ? Ta vieille guimbarde est donc plus âgée que ta femme (ou ton mari) et pollue quand tu te gares sur le parking du Leader Price.
Dans les deux cas, tu vas payer et en plus tu diras merci pauvre niais ! Voici comment cela va se passer : il va se mettre en place une éco-taxe, sur le principe du bonus malus.
Les malus automobiles en fonction des émissions de CO2 iront de 200 euros à 2 600 euros au moment du paiement de la carte grise d'un véhicule. Dans le détail, une taxe de 200 euros sera perçue pour les véhicules émettant de 161 à 165 grammes de CO2/km. Ce montant s'élèvera à 750 euros pour ceux qui seront dans la tranche 166-200 g de CO2/km, à 1 600 euros pour les automobiles émettant de 201 g à 250 g de CO2/km et enfin à 2 600 euros pour plus de 250 g de CO2/km. (merci le copier-coller)
Pour l’instant ça n’est envisagé que pour l’achat des voitures neuves… Pouf, pouf…
Et pourquoi ne pas taxer directement les fabricants ? Pourquoi prendre l’avion ou l’hélico pour aller chercher le pain, suivez mon regard ? Pourquoi laisser Yann Arthus Bertrand faire ses reportages en hélicoptère et s’excuser en nous expliquant qu’il pollue mais qu’il paye pour une association perdue au fin fond de la brousse ? Très jésuitique, ça ! Je commets un péché, mais je continue les doigts dans le nez en me confessant dans le générique de fin de mes documentaires et en donnant pour les pauvres, comme ça ma place au Paradis est acquise !
Oui je sais, ça ne sert à rien de râler mais j’en ai encore provisoirement le droit, alors j’en profite !
03 décembre 2007
Certains d'entre vous
ont semble-t-il un bandeau publicitaire au-dessus de mon blog. J'en suis désolée, car ce n'est pas de mon fait, j'ai horreur de la pub et je ne touche rien dessus (manquerait plus que ça.)
Chez moi elle n'apparaît pas, j'ai donc depuis mon écran un blog sans pub. Je ne sais pas si c'est du à la taille de l'écran (moins de 19 pouces) ou à l'anti-pop-up, pub etc., mystère et boules de père Noël.
Edit :
Après prise d'info, j'ai appris que Canalblog pourra être vierge de toute pub à partir de début 2008, je vous demande donc quelques semaines de patience.
30 novembre 2007
Taille d'écran
Certains d'entre vous ont des écrans de geek, à savoir 19 voire 22 pouces. Du coup, il semblerait que la couleur orange sur les côtés soit démesurément grande et moche. Si tel est le cas pour la majorité faites-le moi savoir dans les commentaires, je changerais alors les couleurs. Pour l'instant la déco est provisoire de toutes façons.
Je vais bientôt installer une niouze lettre pour ceusses qui me la réclament, les autres peuvent bien sûr s'abonner au flux rss via netvibes par exemple.

