Biffures Chroniques

Sur une brique rose, avec vue sur un arbre.

13 mai 2008

Un coin si dense

Je crois beaucoup aux signes, aux présages, aux oracles – enfin, ce genre de choses voyez-vous ? Et bien je peux vous assurer que ça marche !
Tenez, pas plus tard que lundi dernier par exemple : j’hésitais pour m’habiller entre revêtir une robe smockée en crêpe de Chine liberty ou porter un ensemble pantalon veste à col mao. J’étais branchée sur France Info, quand j’ai entendu parler du tremblement de terre dans la province du Xinjiang. Oui… En effet, comme Gao Xinjiang l’écrivain tiens, je n’avais pas fait le rapprochement… Bref, je me dis ma fille ! Un phénomène de synchronicité jungien comme celui-là, ne le laisse pas passer, c’est sûrement un signe ! Je me change aussitôt et figurez-vous que bien m’en a pris, car j’ai enfilé une minijupe beige de chez Courrèges et c’était une soirée années soixante ! Etonnant, non ?

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12 mai 2008

Ne mets pas tes doigts dans le pêne

"Vous croyez vraiment que je lui ai jeté le contenu de mon verre à la figure quand il m’a comparée à une p... ? Mais ce n’est pas une insulte ça, tout le monde me le dit à tout bout de champ.
Non, ce que je n’ai pas supporté, c’est qu’il me traite de « droits de l’hommiste ». Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais c'est sûrement grave, parce que Marine qui était présente à ce dîner a reniflé avec dégoût dans ma direction, et je ne voulais vraiment pas perdre la face !"

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Oh ! Oh ! Oh ! eau H²0

Les bélugas volent si bas avant d’atterrir sur l’aéroport de Blagnac, et ma vue est si perçante que je suis formelle : sous leurs ailes est accroché le sexe des anges.

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11 mai 2008

V.A.E avec un iule winner

J’obtins aisément mon diplôme de kinésithérapeute. En fait, je leur rapportai avoir massé les pieds d’un mille-pattes en moins de six séances, et je suis sûre que c’est ainsi qu’ils acceptèrent de m’accorder une validation des acquis de l’expérience.

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10 mai 2008

A ton bon coeur

Un clerc de notaire pinçait de la guitare au pied d'une volée de marches. La locataire du cinquième le prit pour un mendiant de l’amour, et envia sa muse en se mordant les lèvres et pinçotant les joues pour hâter un maquillage à moindre frais. A la fin du morceau, elle eut une mine dépitée en voyant le galant homme rejoindre en courant un groupe d’amis et s'écrier qu’il avait gagné son pari.

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05 mai 2008

Sororité du temps qu'il fait

L’heure exacte instruit l’astrologue, l’heure bleue éclabousse les corsages, l’heure de dormir arbore une particule élémentaire, et l’heure légale nourrit le médecin légiste.
Il n’y a que l’heure ronde pour tracer vingt-quatre veines dans la roche de jours artificiels où je creuse pour une peine de travaux forcés.
Comment des sœurs peuvent-elles embrasser des carrières si dissemblables ?


Libellés : heure ; astrologie ; particule élémentaire ; biffures

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03 mai 2008

Chuter n'est pas jouer

Convaincu d'avoir affaire au véritable auteur du manuscrit, le directeur de la maison d’édition Monchoud demande au jeune usurpateur de revenir à la fin de la semaine lui proposer une meilleure chute.
Au jour dit, celui-ci enfile un short en jean, entre sans frapper dans le bureau de l’éditeur, lui tourne cavalièrement le dos et présente une chute magnifique.


Libellés : chuter ; biffures

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01 mai 2008

4x8 Vs Lili of the Valley

Le cercle des menottes serrait particulièrement le poignet de ma main gauche, que je tenais obstinément fermée sur un brin de muguet, chiffonné quelque temps avant par la roue de marque Dunlop d’un véhicule de société dont j'avais saboté les freins pour le récupérer plus commodément dans la gomme sculptée du pneu qui lui avait roulé dessus, pneu qui maintenant s’exorbitait sur le tas de ferraille encore chaud à cent mètres de l’usine du même nom.

Libellés : muguet ; biffures

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29 avril 2008

Le silence des trumeaux

Je volais à bord d’une coccinelle du nom de Bridget Jones. Depuis l’invasion massive de la Chick Lit, cette sous-littérature abêtissante me ponçait les ovaires : ainsi par exemple, les choix de nom des taxi-insectes était limité par cet enclos de poulettes qui ânonnaient avec de l’encre terminée au pipi.

En survolant leur mégapole, je ne trouvais que friche urbaine et épannelage d’une masse informe comme leurs écrits.

Je versai une larme au-dessus du trois de la rue Lhomond, où les éditions Jean-Michel Place fermaient à jamais leurs paupières trentenaires, suite à une liquidation judiciaire.

Je m’en ouvris à la coccinelle. Sans se retourner ni ralentir son vol, elle me rappela qu’une maison spécialisée dans l’architecture et la poésie était le cadet de ses élytres, et que la vraie vie était dans le bureau d’un centre d’affaires, une boutique de style Manga ou le face-à-face d’un speed dating.

Une fois déjuchée de sur ses points noirs, je l'écrasai d'un coup sec avec l'ouvrage d'un poète épithélial.

Libellés : trumeau ; biffures

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28 avril 2008

Au nom de la Loi

Je plaidai la légitime défense après avoir tiré sur le juge aux affaires familiales, qui au nom de la Loi m’avait affublée de quatre frères et six cousins de la main gauche, alors qu’il refusait que je porte le nom de mon père de cœur.

Avant de me livrer au bras armé de la Justice, j’avais barré la mention inutile « Dura lex, sed lex » sur son talon d’Achille.

Libellés : Jaf, biffures

Posté par Lois de Murphy à 12:25 - a - Biffures - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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