11 mars 2008
Avec des feuilles et du papier
Photo JL62
Il me faudra tout d’abord renoncer à
vivre dans un arbre. Mon amour des arbres n’est pas compatible avec un trivial
besoin de sécurité et de confort.
J’abandonne mon rêve arboricole.
Il faudra ensuite envisager une
proximité avec un potager sauvage, un verger abandonné et un poulailler
spontané de poules fugitives, car j’éviterai la fréquentation de toute ville.
Mes besoins seront simples pour
éviter la corvée de la cuisine, mais je la construirai comme chez certains
aragonais chez qui je l’ai vu faire, avec une cheminée centrale pour assurer la
cuisson et le chauffage. La chambre sera vite meublée d’un vieux drap embossé de
feuilles, et il faudra établir des plans pour produire de l’électricité avec
une roue à aubes pour la musique. Les coins d’hygiène et un salon bien sûr,
avec un bureau et des étagères pour mon papier et mes livres. Enfin, une
serrure et une clef. Une fois tout ceci achevé, je mettrai la clef dans mon sac
qui depuis toujours me tient lieu de domicile, du moins les imprimés froissés au fond qui me
font reconnaître de mes pairs, et reprendrai la route que j’arpente et qui m’habite.
Commentaires
Aurais tu envie de prendre le trimard ? Bonne soirée au chaud ;-)
aragon
Alors bonne route et bon vent sur le chemin à écrire, qui est écrit, qui est décrit, qui est décrié, mais tien.
Pourquoi l'Aragon, comme dernier terrain vague?
J'y suis déjà dans ma tête, quelque part à trente kilomètre au Nord-Est de Teruel, là où j'ai laissé depuis dix ans ma voiture en panne au bord d'un chemin.
De lointains bruits de bottes qui encore résonnent depuis 70 ans, et des cris de mourants, des sombres harmoniques des tambours gigantesques, des cailloux pour toute herbe et le soleil absolu. La glaciation hivernale et l'hostilité des gens, devenus soudain ouverts quand surgit le pépin.
Le milieu de nulle part.
Patriarch
J'aime assez trimarder en effet.
Andrem
J'aime l'Aragon du côté d'Ainsa, au-dessus de Huesca :o)
Andrem bis
Ton dernier paragraphe dans ton commentaire m'évoque Belchite que j'ai visitée. La bombardée et la reconstruite...
tu mettras la clef dans MON sac, et je viendrai garder ta yourte sauvage, elle me convient tout à fait et ce style doucement balancé également.
J'adore ce rêve et y adhère. Douceur aiguë, justesse languide.
Planeth
Je vais y penser...
Clarinesse
Wow ! Nous allons être plusieurs sur le coup ma foi.
Habiter dans un sac. Mais de bonne toile alors. Et avec un coussin dedans. Pour les rêves.
Quant au poulailler et au potager, l'ennuyeux c'est que ça demande du travail et que je suis bien fainéant.
Merci. Tu m'as fait penser à Calvino mâtiné de Royal de Luxe!! Et puis tiens en retour, je t'offre Giono: "Le soleil n'est jamais si beau qu'un jour où l'on se met en route". Paule
Un joli texte comme je les adore. La route est parfois longue dans nos chemins de vie. Tout ce qu'on peut faire avec des feuilles et du papier, c'est encore un sacré voyage...
Dominique
Il est sauvage mon potager, donc il se débrouille tout seul :o)
Paule
Wow ! Calvino, rien que ça ? :o)
Jonavin
Et les tiens empruntent de belles routes :o)
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