14.02.08
Mais où est-ce qu'on les enterre ?
La perte d’un proche semble vécue dans les médias par des humains différents du commun des mortels. Déclarés, parfois autoproclamés amis ou proches du disparu, à peine la nouvelle encaissée – j’espère qu’ils ne touchent pas de chèque – les voici déjà sur les plateaux, l’œil sec et la mine souriante à vanter les mérites et la générosité de celui que ses vrais pleureurs ne sont pas en état de venir glorifier. Bien sûr que chacun ne montre et n’exprime pas sa peine de la même façon que son voisin, mais la douleur et/ou le chagrin ont quand même en commun, associés à la stupeur de l’évènement, de couper le sifflet ou pour le moins de ne permettre à la parole de franchir les lèvres qu’avec difficulté ou d’une voix mal-assurée. Certains vont même jusqu’à parer la décence d’une réclusion même brève dans leurs familles, et ferment provisoirement leurs volets au monde vivant et agité grâce à des lunettes sombres quand la nécessité les pousse hors de chez eux.
Alors qui sont vraiment ces témoins immédiats, prompts à une pavane pour le défunt ?
Extrait d’une chanson de Marie-Paule Belle :
Mais où est-ce qu'on les enterre ceux qui sont méchants
Qui faisaient pleurer leurs mères battaient leurs enfants
Les antipathiques tous les renfrognés
Que personne n'a jamais jamais regretté
Mais où est-ce qu'on les enterre les vilains râleurs
Les huissiers et les belles-mères et les percepteurs
Les grippe-sous notoires et les créanciers
Que personne n'a jamais jamais jamais regretté
Commentaires
Excellent
Excellent ........ comme toujours! Il y en a un pourtant qui n'a pas fait de "choux-gras" c'est Philippe KHORSAND .... acteur discret mais talentueux.
Galette
Exact !
Je me demande ce que Jean -Marie Périer , fils du défunt très récent qui utilisait le rire comme un masque , pense de ce père absent , abandonnant , peu rieur dans sa paternité ...
François Périer a fait le boulot avec beaucoup d'amour .
RIP François et toi aussi Henri . Tu ne savais peut être pas combien c'est bon d'être parent .
C'est toujours ainsi. La "cérémonie" funébre du dernier de 14-18, bien qu'il soit encore vivant,est déjà organisé par l'Elysée et sa Fille ( selon, bien sûr, les désidérata de l'intéressé.)
De quoi remonter le moral des troupes et la côte de popularité de certains.
C'est toujours ainsi. Pourtant, j'ai bien aimé la phrase de Salvador, quand il a reçu son "trophée de la musique" à un âge plus qu'avancé:" Il était temps, autrement vous auriez été obligé de me le décerner à titre postume !!
"les morts les pauvres morts ont de grandes douleurs" et pas des moindres ! Ne serait-ce que les pleureuses professionnelles de l'audiovisuel dont je me demande comment elles sont rémunérées. Pas sur la succession tout de même ! Le vers et les guillemets sont de charles Beaudelaire : "La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse...".
Quand à la parturience du couple de seringues à bévues, il n'est pas dit qu'on éprouve pas le besoin d'en passer par l'éprouvette !
Le deuil rend rend certains muets, et d'autres volubiles. Certains ont besoin de parler, d'autres de se taire. Le réflexe télé pour ses habitués est peut-être l'occasion d'en faire autre chose que de la promo, comme la réclusion pour d'autres.
Et parfois il est très important, pour faire son deuil, d'avoir rendu hommage. Combien disparaissent sans qu'on ait eu le temps ou l'opportunité de leur dire merci ?
Si un profiteur se glisse par là, quelle importance...
Les mauvais (enterrés), je crois, on n'a vraiment pas envie de se souvenir où ils sont !
Mifa
On est rarement volubile quelques heures après le décès d'un très proche, et encore moins hors du cadre des proches :o)
Tout a fait horripilant en effet, pas seulement le défilé des encensoirs (eurs), mais cette maladie incurable des médias…
Cerise Violette
Le vrai père, c'est celui qui aime et qui nourrit, éduque, transmet, joue etc., donc il s'en fout peut-être vu qu'il en a eu un avec Perrier ? Je suppose qu'il devait le trouver immature...
Patriarch
Oui, il n'avait pas tort :o)
Lephauste
Aïe aïe aïe, le Dieu des athées nous en préserve !
Brassens le disait il y a déjà une sacrée paye: "Les morts sont tous des braves types!"
Je voudrais dire merci à La Galette pour avoir parlé de P.Khorsand parti discrètement en disant:"Je peux...?"
Amitiés.
Ma ma brave dame, c'est que chobize c'est un métier ! Show must go on !
C'était MAIS ma brave dame que je voulais dire ... mon clavier a fourché :-(
Oui... et non. (Ca, c'est du titre !)
Certes, le "délilé des encensoirs", comme le dit jpbg, est indécent d'ostentation et de fausse sincérité exhibée. Mais le silence n'est pas toujours le passage obligé du deuil. Je connais quelqu'un (de très, très proche, if you see what I mean)chez qui la peine a pris la couleur de la colère contre l'absurdité du moment choisi par la mort pour survenir (aucun sens du timing, le grand horloger!), et qui n'a pu s'empêcher de crier au monde entier (celui des proches, bien sûr, chacun restant à son échelle) une oraison funèbre de feu à la gloire du cher disparu. La nécessité de l'hommage s'impose parfois sans demander son avis au héraut choisi pour faire retentir les trompettes de la renommée.
Ceci dit, rien à voir avec les visquosités mondaines en question dans ton article.
Au doux royaume du paraître et du "faire croire que" tout est possible...
Clarinesse
La personne dont tu parles est passée dans les médias pour cela, quelques heures après le décès ?
Of course not !
Alors c'est probablement que tu as raison !
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