Biffures Chroniques

Sur une brique rose, avec vue sur un arbre.

20.01.08

Patricia Parry

arton6832_09400   Une de mes descentes favorites en librairie s’est terminée récemment avec une bouffée de stress. Que dis-je une bouffée de stress, il s’agissait d’une montée d’angoisse, non sans objet (jeu de mots pour psy). Que dis-je une montée d’angoisse, quand j’étais véritablement à deux doigts de l’attaque de panique. Si je vous dévoile ainsi les troubles psychosomatiques de mon système nerveux central, c’est pour mieux défouler le sentiment de culpabilité immature qu’a engendré cette visite, non parce qu’elle s’est soldée par l’achat de moult livres, mais parce que je suis tombée sur le dernier polar de Patricia Parry.

Patricia Parry est médecin psychiatre et écrivaine. Rassurez-vous, mes névroses ne sont pas assez sexy pour l’intéresser, et ce n’est du reste  pas pour cela que j’attire votre attention sur cette auteure. Je lis régulièrement les articles qu’elle publie sur son blog, mais n’ai pas encore feuilleté ses ouvrages. Or, dans la boutique, je ralentis à hauteur de son bouquin – Petits arrangements avec l’infâme aux éditions du Seuil – et reconnaissant son patronyme, j’attrape la couverture pour l’ouvrir et lire la première page.

Son personnage principal s’appelle Antoine le Tellier. Là j’ai vécu disons un petit moment de solitude… En effet, dans une nouvelle récente, j’avais baptisé le personnage principal Antoine Tellier. Je ne sais pas comment j’ai fait. Je l’ai probablement lu sur son site et oublié, et quand j’ai cherché un nom pour mon personnage il m’est revenu en tête d’un seul coup. En fait je donne presque toujours à mes personnages des prénoms qui commencent par la lettre A. J’élimine Adrien parce que ça me fait penser à Monk, et j’arrive à Antoine. Le nom de famille sort tout seul, ce sera Tellier. Je vérifie dans Google, pas d’homme célèbre portant ces nom et prénom. La voie est libre, circulez, il n’y a rien à voir… jusqu’à l’ouverture de son polar à la première page, qui soit dit en passant est très bien écrite. Je crois que je ne suis jamais sortie d’une librairie aussi vite. Je n’avais qu’une idée en tête : rentrer, sauter sur mon PC et modifier le patronyme de mon personnage avant que Patricia Parry ne le lise sur mon blog et ne m’accuse de plagiat. Oui, je précise ici que la culpabilité rend con, puisque je n'ai pas envisagé un seul instant que cette écrivaine célèbre et accomplie ne vient sûrement jamais sur mon blog. J’ai soudain la mentalité d’une gosse de huit ans et ne pense qu’à une chose, ne pas me faire choper par un adulte, ni réprimander ni punir. La modification est faite bien sûr, et je crois savoir maintenant pourquoi mon inconscient a fait joujou comme ça. Le dénominateur commun qui a permis ce passage entre nos deux personnages est bien sûr le prénom Antoine. Mais là où c’est drôle, c’est qu’il y a une explication. Je sais sans la connaître que Patricia Parry est psy, ça figure dans sa bio. Le personnage dans mon texte est un père à qui la garde de son enfant est retirée, qui a donc mal à sa filiation. Or, pour la petite histoire, sachez que le prénom Patricia, celui de l’écrivaine à qui j’ai fait cet emprunt malgré moi, signifie « Fille du père ». Et oui je sais, ça ne s’invente pas. L’inconscient fait ce qu’il veut et se marre bien.

Et vous ? Ca vous arrive souvent des actes manqués de ce genre ?

Posté par Lois de Murphy à 01:01 - c - Tome de sa voie - Commentaires [29] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Ton inconscient carbure à grande vitesse , dis donc !
Ce n'est pas un acte manqué ...c'est un transfert . On est encombré de parasites mentaux , sans le savoir.De vrais morpions , comme ce nom d'Antoine Tellier .

Il m'en arrive des tonnes , d'actes manqués . Pas plus tard qu'hier , j'ai pris la première rue à droite , alors que j'allais faire une démarche agaçante . La première à droite ? Elle me ramène tout droit chez moi ...Et pas sur les lieux du crime .
Et bien d'autres plus tragico -comique . De la commedia del arte dans le réel .
Bises

Posté par Cerise violette, 20.01.08 à 09:17

Disons que... Je suis plus simple. J'oublie un RV. ou plus subtil, je change l'heure...

Posté par caro_carito, 20.01.08 à 09:37

Cerise Violette

Ah ! Soupir... Les unités de temps et de lieu... J'ai jeté ma montre à dix-huit ans (ach ! Mein Gott ! Meinen 18 Jahren !)et n'ai aucun sens de l'orientation :o)

Posté par Loïs de Murphy, 20.01.08 à 09:48

Pour nommer les personnages, c'est toujours difficile, il y en a tant. Ainsi, Tellier. N'existe-t-il pas La maison Tellier chez Maupassant ? Pour limiter les risques, invente des noms à coucher dehors.

Posté par dominique boudou, 20.01.08 à 10:15

Dominique

Bonne idée, je vais y penser :o)

Posté par Loïs de Murphy, 20.01.08 à 11:13

Avant d'être journaliste, j'écrivais de la fiction. Et j'ai un jour appelé Frédéric Moreau l'un de mes personnages (c'était dans une nouvelle). C'était un type un peu mou, un peu fat, un indécis naïf et juvénile.Et puis j'ai relu L'éducation sentimentale de Flaubert, que j'avais eu le temps d'oublier depuis le lycée. Et j'y ai retrouvé mon Frédéric Moreau...

Posté par Stéphane Laurent, 20.01.08 à 11:16

Stéphane Laurent

Je me sens moins seule, là, d'un coup d'un seul :o)

Posté par Loïs de Murphy, 20.01.08 à 11:34

Je crois que c'est J-M Gourio qui rapporte le fait dans ses "Brèves de comptoir".
Je vais déformer, hélas, mais j'espère conserver l'esprit :
— Comment tu t'appelles ?
— Marcel Proust !
— Oooh !
— Oui, ça en impose, hein !
— Et comment ! T'enlèves le "u" ça fait Prost !

Posté par papistache, 20.01.08 à 14:15

Il faut toujours chercher des noms improbables: Darcos(se), Lang(ue), Sarko(phage) etc... Mais, attention, parfois la réalité rejoint l'a(f)f(l)iction...
PS: Ce sont les "Frères Jacques" qui m'ont appris à étaler ma confiture.... Amitiés.

Posté par Papa de Lili, 20.01.08 à 15:37

Papistache

Excellent, j'adore ces brèves :o)

Posté par Loïs de Murphy, 20.01.08 à 15:51

Papadéli

Aaah, les Frères Jacques ! A la St Médard, mon Dieu qu'il a plus, au coin du boul'vard et de la p'tite rue...

Posté par Loïs de Murphy, 20.01.08 à 15:52

Mais es-tu certaine que ce n'est pas Patricia Parry qui pille ton univers littéraire?? A ta place, je tenterai un procès contre Patricia Parry pour "plagiat psychique anticipé" (puisque tu as eu l'idée du nom après elle _ mais ça ne prouve rien). On sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher, et tu feras fortune :)

Posté par Marco, 20.01.08 à 18:33

Marco

Le dernier que j'ai entendu dire : "On sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher", c'est Jean-Claude Dus. Je crois savoir que pour lui "ça n'a jamais marché", donc je vais m'abstenir et me réserver pour les municipales :o)

Posté par Loïs de Murphy, 20.01.08 à 18:38

Ah, ah, ah!

Antoine Le Tellier sonne trop bien, je pense!
J'ai vu, récemment, à la télé, un petit film dans lequel c'était le prénom du méchant...
Mon Antoine est aussi un père célibataire. Il y a des raisons bien précises à ses nom et prénom car l'origine des patronymes tient une grande place dans mes romans. Mais après tout, le nom et le prénom sont assez courants et ne m'appartiennent pas! Imagine tous les Antoine Le Tellier qui existent et ne se satisferont pas du personnage si, d'aventure, ils feuillettent mon bouquin...
Pour ce qui est de Patricia, j'aimerais bien connaitre tes sources, car pour moi il signifie, pour ce que j'en sais, l'"Aristocrate".
J'espère lire ta nouvelle, hé, hé, hé...
Et je viens souvent sur ton blog, que je trouve fort drôle et caustique à souhait!

Posté par Patricia P, 21.01.08 à 09:10

Patricia

La nouvelle est sur mon blog, c'est La béquée de la mésange mâle :o)
Patricia peut signifier la fille du père avec la racine latine pater, et par extension aristocrate en effet, puiqu'un patricien est un citoyen romain qui appartient à la classe supérieure par sa naissance, donc son appartenance à la famille paternelle.
Merci de me lire :o)
Au fait, comment va le chat ?

Posté par Loïs de Murphy, 21.01.08 à 09:33

Envie d'écrire Loïs ?

http://trouveur.chu-rouen.fr/internet/prix_flaubert/prix_flaubert.htm
Bises

Posté par Cerise violette, 21.01.08 à 11:56

Tout le temps. Ca m'arrive tout le temps.

Quant à votre réaction, elle m'apparaît parfaitement normale.

Croire que, parce qu'on n'est pas "connue", trop "modeste", trop petitou, quoi, on ne peut tomber sur le coup d'accusations comme "plagiat psychique" ou autres, c'est faire preuve de naîveté. j'ai deux anecdotes parfaitement signifiantes à cet égard.

Sur un site de mise en ligne de nouvelles littéraires, j'ai posté un récit, à la première personne, qui s'appuyait sur des souvenirs perso et comportait un personnage, nommé par son prénom uniquement; eh bien, tenez-vous bien, le modérateur du site a été contacté par le "modèle" de ce personnage, qui demandait le retrait de son prénom !!!! Alors même que, s'il n'avait certes pas un beau rôle dans mon récit, il n'en était pas moins à une place parfaitement anecdotique, et ne portant guère à conséquence ; comme quoi les moteurs de recherche sont utilisés à fond par certaines personnes, que la parano fait des ravages et que nul n'est à l'abri;

Idem pour un forum littéraire, où une folle m'a accusée de "plagiat psychique", uniquement sur la foi de goûts communs (Onfray et Apollinaire !) J'ai répondu, cela m'a été parfaitement désagréable de devoir me justifier.

Le plagiat est en ce moment le coeur de deux ou trois affaires dans le Landernau littéraire. Votre réaction est donc compréhensible. Et pourtant, le nom du héros est en l'occurrence parfaitement inoffensif. Tout juste pourrait-on penser à la Maison Tellier de Balzac, et encore...

Mais la prudence doit l'emporter, dans ce nouveau territoire qu'est le Net, où l'on peut rencontrer le pire comme le meilleur; et le pire a une sale gueule, je l'ai parfois croisée et ne vous souhaite pas la pareille !

Très très cordialement,

Clopine

Posté par Clopine, 21.01.08 à 12:27

et si c'était juste le talent chere loïs?

Posté par louise, 21.01.08 à 13:39

idée

Il m'est arrivée de faire toute une page sublime sur un jardin potager, et découvrir ensuite que c'était mots pour mots une citation d'une dictée que j'avais dû faire quand j'étais petite (il y a un bail;) l'auteur en était la regrettée Marie Noël ! 30 ans après, j'avais oublié la dictée, certes, mais mon inconscient avait su la retrouver!
Cela dit, pour les noms de personnages, j'ai chippé le truc d'un copain auteur de polar: je prends des noms de villages (Style Florence Aubenas, voyez?)
Hé hé...

Posté par pibole, 21.01.08 à 14:15

Cerise Violette

Je n'y connais rien en SF ni en lardons, dommage :o)

Posté par Loïs de Murphy, 21.01.08 à 14:22

Clopine

Vous avez de sacrées mésaventures ma foi.

Posté par Loïs de Murphy, 21.01.08 à 14:23

Louise

Mais pourquoi n'y ai-je pas pensé ? ;o)

Posté par Loïs de Murphy, 21.01.08 à 14:23

Pibole

Merci pour ce conseil pavé de bonnes intentions, comme l'enfer :o))

Posté par Loïs de Murphy, 21.01.08 à 14:24

Merci pour ce compte-rendu !

Posté par Tietie007, 21.01.08 à 16:43

au nom de quoi ?

Au dix-huit-ième les auteurs ne s'ennuyaient avec l'onomastique ils afflubaient leurs personnages de quelques ***

Posté par christophe fétat, 21.01.08 à 21:54

oh, cela n'est rien, chère LOïs. Ma vie est entièrement feutrée par les chausses-trappes, faux pas, et emmerdements.

J'ai par exemple passé ma journée d'hier entre les gendarmes et les assurances. En toute innocence, cela faisait quatre mois que j'utilisais ma bagnole sans être assurée (j'en ai froid dans le dos rétrospectivement). C'est arrangé (cela s'arrange toujours) mais je commence à avoir une sacrée habitude.

Par exemple, dès que j'approche une caisse de supermarché, celle-ci commence à trembler, avoir trop chaud ou trop froid, et à se mettre en panne. Idem pour les cartes bleues, les portillons automatiques, la sécurité sociale (aaah ! Ce jour où l'on m'a informée que l'ordinateur m'avait classée dans les décès - véridique !), etc., etc.

Si une flaque d'eau se trouve sur un chemin, elle est pour moi. Si un troll pousse sa visqueuse petite barque dans l'océan du web, il y aura forcément une collision avec mon frêle esquif.... Je détraque les ascenseurs, les montres (je n'en porte d'ailleurs plus jamais, merci bien) les climatiseurs et toutes les serrures sans exception. Je suis catastrophique, voilà. A 16 ans, en voyage linguistique en Angleterre, j'ai failli être piétinée par... un troupeau de girafes. (re-véridique).

Autant vous dire que l'intégralité des films où joue Pierre Richard, depuis le Grand Blond, éveille des sentiments mitigés chez moi : entre complet attendrissement et ricanement nerveux...

Bonne journée à vous

Clopine

Posté par Clopine, 22.01.08 à 09:19

Clopine

Ma foi je vous épargnerai mon témoignage, mon pseudo je pense doit suffir :o)
On ne m'a pas encore informée de mon décès, et curieusement je ne suis pas pressée de l'apprendre !

Posté par Loïs de Murphy, 22.01.08 à 09:55

Cruel dilemme que le choix des noms...
Petits arrangements avec l'infâme, prochaine lecture agencée, j'aime beaucoup l'ambiance de son blog.

Posté par Marie, 08.02.08 à 22:22

Moi aussi Marie, je la trouve très conviviale et drôle :o)

Posté par Loïs de Murphy, 08.02.08 à 22:47

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