Biffures Chroniques

Sur une brique rose, avec vue sur un arbre.

12 janvier 2008

La béquée de la mésange mâle

Le billet placé dans ce livre pour enfant n’aurait jamais dû être lu par son fils. C’est avec cet argument approuvé par le pédopsychiatre du Tribunal d’Instance que l’avocat de son ex-femme put obtenir du juge aux affaires familiales qu’il lui retirât la garde de Julien. Au moment de la pesée de l’âme de son petit garçon dans la balance, Maître Aouni avait accroché cette phrase au bord du plateau de cuivre pour le faire pencher du côté où ne pourrait plus le regarder grandir son père. L’audience avait duré en tout et pour tout quinze minutes.

C’était le mardi d’un mois de mars sans giboulées, sec et chaud comme un excès au-dessus des normales saisonnières mais ça n’avait pas d’importance. Julien irait chez sa mère avec ses bisous baveux et ses doigts au chocolat, quelques peluches et le vieux hamster Goldy qui brillait du poil et de l’œil malgré un cancer des testicules ; avec la pluie pourquoi ça mouille ; pourquoi des fois on meurt et – mais de moins en moins souvent – avec pourquoi j’ai pas une vraie maman.
Les essuie-glaces de la Kangoo ne fonctionnent plus depuis la dernière mission à Rennes. Ça veut dire qu’il n’a pas plu ces huit dernières semaines. Une deuxième saison, trouble et sèche, racle les corps empêchés, pareille à celle de l’an passé.

La voiture est une affaire qu’il doit à Marcel, un collègue de travail hâbleur mais pudique, un ancien de quinze ans dans la boîte à qui il plaisait qu’Antoine débarque sans le moindre effort d’intégration, quand lui-même avait besoin de se croire pote avec toute l’équipe de tordus qui acceptaient de travailler pour de la monnaie de singe, payés en huile de vidange usagée et en boîtes à outils aussi vieilles que leur dernière demande de panier-repas.

Antoine avait serré le moteur de sa Clio mais il n’y avait aucun argent de côté sur son compte en banque. A cette période il songeait à tout plaquer, appelé par les Pyrénées, l’Espagne ou peut-être plus bas du côté du Maroc si la rage et ses grolles le trainaient jusque-là.
Marcel avait repéré cette nouvelle attitude décontractée et inhabituelle chez lui. C’était un garçon intuitif et il comprit qu’il y avait anguille sous roche. Il lui remit un bout de papier plié en quatre avec interdiction de rater une occasion pareille mon vieux, huit cents euros ça ne t’arrivera plus jamais.

La route poudroie loin devant le pare-brise mais Antoine sait partir tout droit.

 Pourquoi avoir glissé cette lettre dans un ouvrage de littérature pour la jeunesse Monsieur Courtieux ?

Antoine avait souri. C’était Clarisse qui l’y avait placée très probablement, sans doute en guise de marque-page, et du reste il ne savait pas ce qu’elle contenait puisqu’à sa lecture pendant l’audience il n’avait pas écouté. Il avait été attiré par le manège d’une mésange charbonnière. C’était un mâle, la bande centrale noire sur son dos était large et finissait sur la queue. Par le tamis des croisées baroques de la fenêtre à droite de la salle du tribunal, il avait pu observer son manège : l’oiseau bâfrait des graines par vols courts et rapides entre la pelouse, où il picorait furtivement la provende invisible, et la branche basse d’un cèdre du Liban, d’où il martelait de son bec agressif la coque jusqu’à l’obtention de son trou. Le père de Julien avait encore les yeux sur lui quand le juge répéta sa question. S’il la lui adressait, c’est que Clarisse l’avait désigné, alors pourquoi la faire passer pour une menteuse devant le petit ?

Il se racla la gorge pour articuler sa réponse :

 Et bien pour aider Julien à se poser des questions, Monsieur le Juge. J’aime quand on se pose des questions. C’est un état qui précède. Pas forcément des réponses d’ailleurs, mais ce temps juste avant peut être très agréable parfois.

Antoine allume une cigarette. Il fume sur le parking brûlant de l’aire de repos, derrière la station-essence. L’autoroute A62 en direction du Queyran est vide aujourd’hui. La dernière fois qu’il a parcouru ce trajet, c’était pour aller faire un swap sur les cabines téléphoniques du Lot et Garonne. France Télécom remplaçait toutes les cabines à carte par des cabines à code. Sa boîte de sous-traitance l’avait désigné pour cette mission. C’était le dernier arrivé dans l’entreprise, et après deux prises de bec avec un ancien de son équipe, elle avait jugé bon de le faire travailler seul et loin de ses bureaux. Il avait accepté ce travail à la naissance du petit, mais maintenant ça lui était égal.

Il n’a pas fait de lettre de démission et ne pense pas au solde de tout compte. Il a déjà fait ce trajet, mais dans la voiture de fonction. La Kangoo donne l’impression de rouler pour le travail, car sa conduite est proche d’un véhicule utilitaire. Même en respectant la limitation de vitesse, conduire pour soi et sans but donne un sentiment de puissance, d’accélération libre du cours de sa vie mais dans un temps ralenti. La journée ne fait plus vingt-quatre heures. Le rythme imprimé aux prochaines heures est imprévisible, éternel jusqu’au choix de la nouvelle étape sur le trajet. 

Quand le juge eut fixé le montant de la pension alimentaire, Clarisse regarda son ex-mari de travers et prit congé en ces termes : «Ce sont les incompétents de l’attention à l’autre qui payent.» Elle s’engouffra dans la vieille Mégane ensuite, après s’être assuré que Julien était bien attaché derrière. Antoine éberlué faisait des oreilles de lapin en l’air pour voir le petit s’esclaffer, sans être bien sûr de le suivre des yeux pour la dernière fois. Son fils lui lança des baisers de ses deux mains qui pointaient juste au-dessus de la plage arrière.

Ce matin, après quelques mois, il avait relu la copie du jugement qui lui en retirait la garde et l’interdisait de l’approcher.

Entre une grâce et une garce, il n'y a qu'une lettre de déplacée. Le plus souvent une lettre de rupture. Il avait lu cette phrase dans un livre de Frisoni prêté par Marcel. Il l’avait mémorisée sans effort.

A présent il lui faut du repos. Il cherche des yeux les ruches d’où partent ces abeilles qui lui bourdonnent aux oreilles avant de comprendre que la fatigue lui chuchote une pause sans tarder. La station-essence est loin derrière, avec dans un container le tampon d’un tribunal froissé dans une lettre en boule, une carte d’identité, une peluche au regard en boutons de bottine et une casquette de travail avec le logo d’une entreprise au-dessus de la visière.

Le billet placé dans ce livre pour enfant n’aurait pas dû être lu par un petit garçon.

L’avocat avait fini sa plaidoirie par ces mots idiots, et Julien n’était plus à lui. Comment avait-il pu perdre la garde sur cette simple phrase ?

Clarisse n’avait pas voulu lui en résumer le contenu. Il crut l’entendre le traiter d’anormal pour la première fois, quand il fit irruption chez elle pour lui demander des comptes, mais il n’en fut pas certain… Ils criaient fort tout les deux jusqu’à ce qu’elle saute sur le téléphone pour appeler la police. Antoine cassa la porte de son entrée en partant. Julien n’aurait pas de mère menteuse. Juste un père absent, et c’était peut-être moins grave. 

D’autres conducteurs roulent alors qu’ils sont épuisés. Antoine les reconnaît : leur allure est moins rapide. Ils ont l’air de flotter sur l’asphalte, zigzaguent parfois, et veulent comme lui que le trajet se termine.

Il commence à y avoir des platanes sur les bords de la route. En donnant un coup d’œil sur la gauche on peut voir des rideaux de peupliers, une rivière déjà à sec n’est pas loin. Quelques clochers défilent avec dans leurs lézardes l’anxiété d’une messe de vieux curés bientôt abandonnée – la jeune relève se fait rare – et depuis les voitures on fait le constat que si la vieille pierre est solide, sans entretien le patrimoine fout le camp.

De temps en temps, quand il dépasse un camion qui vient de loin – souvent du sud de l’Espagne – il jette un regard furtif au chauffeur blanc de fatigue, mais l’envie de connaître sa destination. Dans son cas la route est longue, il ne sait pas encore quelle en sera la fin.

A peine entré dans l’âge adulte, Antoine sut qu’il aurait des enfants, mais pas tout de suite. Viré par un coup de pied maternel de la maison de ses petites journées et surtout de ses longues nuits, il fallut qu’il teste. Tout. Tous les sujets, toutes les expériences l’intéressaient. Tant qu’il ne savait pas sa limite, ou plus exactement quelle limite sa morale ou son corps lui imposait, alors il y allait. Trois gardes à vue et huit hospitalisations plus tard, il tombait enfin amoureux mais continua à perpétrer quelques frasques. C’est l’accouchement de Clarisse qui fut sa ligne de faille. Il quitta alors les basses terres sans se retourner et prit sa nouvelle fonction à cœur mais sans compétence.

Julien débuta sans filet : fildefériste en grenouillère, écuyer parfois enlisé dans des bacs à sable mouvants, jongleur entre réprimandes et pardons souvent à contretemps, mais surtout clown en tricot de peau Petit Bâteau pour faire rire sa mère.

Clarisse, d’abord amoureuse puis soucieuse, pris des chemins de traverse entre son lit et le canapé du salon, davantage en peignoir et de moins en moins soignée. Elle les quitta lui et son père pour aller vivre une mélancolie mal soignée dans la région PACA.

Un divorce et deux années plus tard, elle réclamait la garde exclusive de l’enfant. 

Il fait nuit à présent. Antoine presse ses paupières du pouce et de l’index et bâille bruyamment. Il étire son dos en baissant les épaules et fait craquer les articulations de son cou à gauche, puis à droite, dans un ajustement cervical. Il cherche une station de musique depuis une commande au volant et tombe sur le refrain d’une chanson de Cabrel.

Il n'a pas trouvé mieux
Que son lopin de terre
Que son vieil arbre tordu au milieu
Trouver mieux que la douce lumière du soir
Près du feu…

Huit cents mètres plus loin il quitte l’autoroute et suit une départementale en direction de la forêt du Mas-d’Agenais, mais il se perd très vite avec l’obscurité et arrive bientôt dans un village qui lui rappelle Marmande. La place est vide, les chiens silencieux et les angles des maisons mal définis au coin des rues qui en partent. Elle se penche légèrement sur son centre, ce qui lui permet de couper le moteur sur les derniers mètres. Il freine contre le trottoir qui avance devant la halle du marché, tire sur le frein à main et s’endort après avoir bu une bière. 

« Hé ! Gamin ! Reste pas dans ta voiture comme ça, ce n’est pas un bon endroit pour dormir, tu vas attraper un torticolis. »

Antoine se réveille et constate qu’il a dormi la bouche ouverte en restant assis devant le volant.

« Tu peux laisser ta voiture ici elle ne gênera pas, mais viens dormir chez moi tu seras mieux. Tu vas voir, j’ai une climatisation entièrement écologique grâce à des murs bien épais, tu vas roupiller comme un bébé. »

Le type qui vient de crier derrière son carreau lui sourit à présent. Antoine jauge sa trogne rubiconde et son grand âge d’un coup d’œil et décide de le suivre.

Ils entrent dans une ferme en L jouxtée par une grange, une étable et un verger. Du lierre s’enroule sur les arbres depuis une éternité sûrement, car il atteint les branches hautes de la plupart d’entre eux. Le terrain ravagé est envahi par les herbes et les ronces, et contre le mur de la grange on peut apercevoir l’ombre d’une tondeuse autoportée Massey Ferguson en mauvais état. On repère la fatigue des vieux à l’entretien des jardins, mais on s’inquiète à partir du moment où ils ne tiennent plus du tout leur potager. Dans celui-ci, une petite parcelle tient vaillamment de la tomate, de la salade, du haricot plat et de la pomme de terre Belle de Fontenay.

« Pousse-toi Yupanqui, il est avec moi. Allez ! Va là-bas ! »

Le chien de la maison, un Patou crasseux aux poils collés dégage le passage de l’entrée et retourne se coucher sous un escalier qui mène aux pièces de l’étage supérieur.

Le lendemain, Antoine est réveillé par le silence. Il est allongé sur un matelas mou pourvu d’une couette fourrée de plumes d’oie qui pue la volaille, dans une chambre obscurcie par des volets clos.

Quand il descend, ça sent le café dont l’odeur lui fait bien vite repérer la cuisine.

« Bonjour Monsieur, je…

 Té ! Gamin ! As-tu bien dormi ?

 Oui merci, est-ce que je peux vous…

 Tais-toi tu m’saoûles ! Qu’est-ce que tu es bavard non mais sans blague ! Tiens, Mange ! Je t’ai préparé des tartines avec de la confiture de coings faite maison par Madame Gérard, la buraliste. Avec ça t’es pas prêt d’choper la crève ça éloigne les rhumes. Ça éloigne le médecin mieux que les pommes. Dis m’en des nouvelles ! »

Antoine finit son bol et va le laver dans l’évier.

 Merci pour l’accueil, c’est très aimable à vous de m’avoir hébergé, vraiment. Mais combien je vous dois pour la chambre et le petit-déjeuner ?

 Ah ça si c’est pour être vulgaire que tu ouvres la bouche autant que tu ne dises rien mon gars dis donc !

 Excusez-moi, je ne voulais pas vous manquer de respect au contraire, je voulais juste être poli.

La confusion d’Antoine fait rire le vieux.

 Allez gamin, c’est bon ! Si tu veux te laver, la salle de bains c’est la petite porte du fond, après la deuxième chambre sur la droite. Le chauffe-eau est en panne mais avec ce cagnard ça ne va pas te gêner je pense de te laver à l’eau froide. Il y a des serviettes propres sur la tablette au-dessus du radiateur : tu n’as qu’à te servir.

Clarisse pendant leur mariage avait refusé d’acheter une maison. C’était une femme de la ville avec ses usages et ses mœurs, un métier dans un centre d’affaires avec ouverture sur un tableau de statistiques et un goût prononcé pour tout ce qui sentait le métro et les centres commerciaux. Elle voulait que Julien puisse avoir accès à toutes les commodités et le souhait d’Antoine n’exista rapidement plus dans sa mémoire.

En se promenant dans le verger, il réalise qu’il aurait pu vivre de la terre. Il ne sait pas exactement en quoi faisant, du fromage, des légumes ou le berger, mais il aurait pu. En ville il était complètement athée, mais devant un arbre ou un champ de blé, il se sentait fils du ciel par le corps de la terre. Il n’éprouvait plus le début et la fin des choses, l’absurdité d’une vie sans autre but que celui d’aller mourir, à reculons ou au pas de course, sur un chantier ou en laissant le temps lui enserrer le visage dans des mains osseuses et froides. S’il épluchait du lichen sur la face nord d’un prunier, il pouvait comprendre qu’il appartenait à un cycle à plusieurs temps ; il acceptait la saisonnalité quaternaire qui lui prouvait qu’il était de passage avant de changer de monde, que son amour pour son fils ne pouvait se réduire à un instinct de reproduction et que le moment choisi pouvait être n’importe quand s’il se sentait prêt.

Quelques mois plus tard, le chauffe-eau est réparé ; la tondeuse fonctionne ; le terrain est dégagé et le chien sent le propre. Le technicien de maintenance a payé son écot et grille soigneusement une cigarette derrière la grange avant de l’écraser sous le talon de sa chaussure de sécurité.

Il lève les yeux sur un nid en entendant des oisillons piailler au retour d’une mésange mâle, plus grosse que celle qu’il avait observée au tribunal. Elle faisait des aller et retour avec sa femelle pour gaver les becs insatiables, pas trop loin afin de ne pas laisser les petits sans surveillance.

Le vieux bonhomme le rejoint pour s’asseoir près de lui, un torchon à vaisselle sur l’épaule droite.

« Tu sais, remarque-t-il, presque tous les oiseaux mâles s’occupent de leurs petits. Ils aident à couver et ils vont chercher à manger jusqu’à ce qu’ils soient autonomes. Aucun n’abandonne le nid, ils assument tous leurs responsabilités… »

Antoine tourne résolument la tête et se concentre sur l’avancée d’une colonie de chenilles processionnaires sur un tapis d’aiguilles de pin. Ses lèvres sont pincées et il pose son visage entre ses mains pour maîtriser les tremblements de son menton.

« Et bien quoi, qu’est-ce que j’ai dit gamin ? Arrête de pleurer, ça fait gueuler Yupanqui ! »

Antoine sur le trajet du retour replie une à une les lames de ses angoisses : il sait qu’il pourra obtenir un droit de visite, et Julien de toute façon aura bientôt besoin de lui. Il caresse la photo de lui qu’il conserve dans la poche du pare-soleil. Il se regarde dans le rétroviseur mais n’arrive pas à se sourire. Le temps lui apprendra peut-être à s’accorder un peu d’indulgence.

Posté par Loys de Murphy à 00:10 - e - Nouvelles - Commentaires [42] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Oui ben moi c'est de tout ce que j'ai lu de toi celui que je préfère. Simple et avec cette façon unique que tu as d'arranger les mots comme des mini skuds... Je t'embrasse, je me sauve...

Posté par caro_carito, 12 janvier 2008 à 08:40

Cara Carita

Ravie qu'il te plaise, bon week-end et va écrire sur ton jardin ;o)

Posté par Loïs de Murphy, 12 janvier 2008 à 09:01

Phrase sans intérêt mais qui t'a poursuivie jusqu'à ce que tu écrives. Donc, une bonne phrase.

Posté par dominique boudou, 12 janvier 2008 à 09:15

Et j'aime bien le nom du chien. Mais qui se souvient aujourd'hui d'Atahualpa Yupanqui ?

Posté par dominique boudou, 12 janvier 2008 à 09:17

Dominique

Ne me le fais pas dire pour l'incipit, ça me fait mal aux dents ;oà
Tu connais Atahualpa ? Tu m'étonneras toujours :o)
"duerme, duerme, negrito..."

Posté par Loïs de Murphy, 12 janvier 2008 à 09:21

Dominique : je me souviens d'Atahualpa Yupanqui. Comment pourrait-on oublier un nom qui est déjà comme une musique secrète et parfaite ?

Posté par Mifa, 12 janvier 2008 à 09:45

Je me souviens d'Atahualpa et je connais Clarisse . Je fréquente aussi Alain qui vit , dans la vraie vie , le drame d'Antoine ... Il a depuis peu un droit de visite ...

Tes phrases ne seraient -elles pas un tantinet longues ? Ce qui n'enlève rien à la beauté du texte issu d'une phrase ,ritournelle envahissante .

Posté par Cerise violette, 12 janvier 2008 à 09:46

Cerise Violette

Elles le sont parfois, mais à côté des phrases d'une page de Proust je suis plutôt minimaliste en fait :o)
(Heu... C'est pour l'exemple, hein ! Je ne me compare pas à Dieu non plus je suis lucide !)

Posté par Loïs de Murphy, 12 janvier 2008 à 10:22

Mille excuses pour cette remarque mesquine mais, comme vous, pour cet incipit, je sais qu'elle ne me quittera pas si je néglige de vous la faire :
"qu'il lui retirât la garde de Julien."
Comme Mifa j'aime cette musique : "Atahualpa Yupanqui".
Certains mots ont cette particularité : "Ethique à Nicomaque", "Respilène Zipéprol"...

Posté par Papistache, 12 janvier 2008 à 10:51

Papistache

Merci je ne m'en étais pas aperçue, je corrige de suite :o)

Posté par Loïs de Murphy, 12 janvier 2008 à 11:00

Non j'écris un mot sur Teb... et je bosse pour toi ;-)

Posté par caro_carito, 12 janvier 2008 à 13:52

Et ben... Comme quoi, une petite phrase réserve parfois des bonnes surprises. J'aime beaucoup, et même, j'adore ce titre. ;)

Posté par Syven, 12 janvier 2008 à 14:00

Atahualpa, heureusement que je m'en souviens, c'est comme si j'avais oublié Vercingétorix.Du coup j'ai même pas tilté...

Posté par caro_carito, 12 janvier 2008 à 15:37

Syven

Je crois que le titre, c'est ce que je préfère dans ce texte :o)

Posté par Loïs de Murphy, 12 janvier 2008 à 16:36

je sais pas si j'ose, mais ça m'a fait penser à une humeur de Fred Vargas, perso j'adore mais si ça se trouve tu vas me poursuivre avec une casserole, tanpis! ;0))

Posté par planeth, 12 janvier 2008 à 20:13

Planeth

Ben je veux bien te poursuivre avec une casserole mais je ne connais pas Vargas (y'a eu un film sur un de ses bouquins c'est ça ?) :o)
"Une humeur" c'est le titre d'un de ses livres ? Ok je vais voir dans ma librairie si je le trouve.

Posté par Loïs de Murphy, 12 janvier 2008 à 20:36

ok, je viens de regarder sur google, c'est une auteure de polar très connue j'ai juste l'air d'une quiche c'est pas grave ! Par contre je n'ai pas trouvé le titre dont tu parles ?

Posté par Loïs de Murphy, 12 janvier 2008 à 20:39

Faire un bon texte avec un incipit pareil faut l'faire...et c'est réussi. Frèderic Dart disait que la meilleure phrase d'introduction était: "La porte s'ouvrit et la baronne s'écria Ciel!.."
Félix a bien appris l'allemand, tu devrais pouvoir entrer dans l'italien sans problèmes... Amitiés.

Posté par Papa de Lili, 12 janvier 2008 à 21:03

nan c'est pas un titre, c'était pour qualifier son genre, ce type de description qu'elle fait .

Posté par planeth, 12 janvier 2008 à 21:26

Corrections effectuées Chef! Amitiés

Posté par Papa de Lili, 12 janvier 2008 à 21:44

Heu.... Tu me cherches là ???
Je vais me le relire une seconde fois... au soleil !

Posté par paulette, 12 janvier 2008 à 22:50

@Paulette : essaye de me lire le matin pour voir ? :o)
@Planeth : ca m'intrigue je vais la lire quand même.
@Papadeule : Repos Sergent !

Posté par Loïs de Murphy, 12 janvier 2008 à 23:12

Ah la Bibliothèque Rose ...J'adorais Fantômette, enfant !

Posté par Tietie007, 12 janvier 2008 à 23:15

C'est pas bien de venir lire et relire et de ne rien dire...non ?
Même si on a juste un truc très plat et très banal du genre "c'est très bon, j'aime" ?

Posté par Kloelle, 13 janvier 2008 à 09:13

Je reconnais là ton style d'écriture, j'aime bien...et j'ai ri avec la "couette fourrée de plumes d'oie qui pue la volaille". Là, ça fleure bon la campagne. Très très belle histoire...Mais qui est donc ce Atahualpa Yupanqui, à la fin?

Posté par Jonavin, 13 janvier 2008 à 09:18

Kloelle

Aucun commentaire ne m'est banal :o)
Pis je lis souvent chez toi sans commenter, donc je me garderais d'en être marrie :o)

Posté par Loïs de Murphy, 13 janvier 2008 à 09:44

Jonavin, j'adore te faire rire :o)
Atahualpa :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Atahualpa_Yupanqui

Posté par Loïs de Murphy, 13 janvier 2008 à 09:51

C'est curieux, je suis emballée par ton écriture quand tu écris sur la vie et les choses, mais le style de ce texte d'imagination (ce n'est pas la matière qui est en cause) est tout ce que je déteste en littérature. Quant à Fred Vargas, c'est une personne remarquable, d'un courage rare, avec une tête bien faite et le coeur de même, et j'encourage tout un chacun à acheter ses livres dont je suis sûre qu'ils sont bien faits - mais sur la question du style... je bloque, comme ici !!!

Posté par Mifa, 13 janvier 2008 à 14:56

Mifa

J'ai craqué sur ta sélection de livres, je vais peut-être me procurer le Mac Carthy :o)

Posté par Loïs de Murphy, 13 janvier 2008 à 15:05

Je me souviens avoir été complètement soufflée par trois de ses livres :
L'obscurité du dehors
Un enfant du bon Dieu
Des villes dans la plaine

Pour mon appréciation sur ton style, à la deuxième lecture, je repère mieux les passages que je n'aime pas. Des fois, je m'emballe...

Posté par Mifa, 13 janvier 2008 à 21:58

Mifa bis

Pas de souci, tu as le droit de ne pas aimer, et ce n'est ni du polar ni de la SF tes genres préférés je crois :o)

Posté par Loïs de Murphy, 13 janvier 2008 à 23:16

Hum...

Cette petite phrase fait le tour des circuits littéraires depuis un bail déjà. C'était le thème imposé d'un concours de nouvelles ici au Québec il y a déjà quelques années. Je le sais car je n'y ai pas participé! Pas inspiré... Googlez-là pour voir.

Posté par Rom, 14 janvier 2008 à 16:49

Rom

Ah oui ? Comme quoi nous ne sommes pas doués pour les incipits en France. Je tape ça dans google de suite.

Posté par Loïs de Murphy, 14 janvier 2008 à 19:41

Tiens ça serait intéressant une discussion là-dessus (cf Mifa)
oui certains écrivains s'écoutent écrire ou disent: "t'as vu comment je te l'ai tourné celle-là", et ça peut aller jusqu'à l'écoeurement, ça me fait ça avec pas mal de gens à la mode de chez nous, style Houellebecq, Pennac m'a fait cet effet aussi.Chez Vargas, y a ça mais c'est drôlement drôle, futé adroit et ça m'amuse beaucoup,même si je sais qu'elle sait.
J'ai tenté un Queffelec l'autre jour, bouhhhh!

Une écriture très simple et qui ne s'écoute pas, c'est comme un homme très beau qui ne le sait pas, c'est très émouvant. Alors style "naturel" ou style construit. Giono, est-ce qu'on peut dire qu'il a créé un style artificiellement, (dont j'ai été si amoureuse) ou bien était-ce naturel, c'est à dre sans calcul? J'aurais tendance à pencher pour la deuxième car ce sont les premiers qui étaient si animalement beaux .

Posté par planeth, 15 janvier 2008 à 06:40

zut j'ai fait des fautes, désolée!

Posté par planeth, 15 janvier 2008 à 06:41

Oui, bien sûr, on peut lire Vargas, à la plage ou quand on est fatigué, mais elle ne vient pas à la cheville de Simenon, par exemple.

Posté par dominique boudou, 15 janvier 2008 à 18:47

Billets appréciés

Alors autant vous le dire, j'aime vos textes et billets (particulièrement celui-ci), et si vous n'étiez venu en visite chez moi, je ne vous aurais peut-être également point connu !
Quand le verbe et la forme voyagent au hasard de la "toile" cela ne peut donner que de valorisantes rencontres pour tous ...
à bientôt,

Alain MARC

Posté par Alain MARC, 15 janvier 2008 à 19:58

Alain Marc

Merci pour votre visite, je suis contente que mes biffures vous plaisent.

Posté par Loïs de Murphy, 15 janvier 2008 à 20:56

merci

Salut Loïs, je voulais te remercier pour tes visites sur mon blog, je te souhaite une bonne soirée, Philippe.

Posté par Philib, 15 janvier 2008 à 22:21

Philib

Ne me remercie pas, tes photos me touchent.

Posté par Loïs de Murphy, 15 janvier 2008 à 22:59

Incipit et autres machins

J'écris aussi des textes sur un thème donné, mais je déteste commencer sur un incipit imposé car la première phrase d'un texte donne le ton, le style, et on se retrouve coincé dans quelque chose qu'on n'apprécie pas forcément. Alors je cherche une échappatoire. Et la phrase obligée reste comme une épine, et la dimension ludique de l'exercice a bientôt l'oeil poché et le bras en écharpe !

Posté par Mifa, 16 janvier 2008 à 11:18

Mifa

Tout à fait d'accord, c'est pour cela que je ne le fais jamais, sauf pour cet incipit qui me cassait les couettes.

Posté par Loïs de Murphy, 16 janvier 2008 à 11:26

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