10.12.07
Kennedy et moi
Je viens de voir la vidéo d'un américain à Paris ; plus exactement d'un écrivain dans un magasin ; plus précisément de Douglas Kennedy à la Fnac.
Je ne connais pas cet auteur. Bien sûr, j’ai vu son nom sur des couvertures dans plusieurs librairies et sur des livres plutôt bien placés : je suppose donc qu’il a du succès. Bon d’accord, je suis de mauvaise foi, je sais que c’est un auteur très lu, beaucoup traduit et souvent primé. Les titres de ses livres pourtant ne m’appellent pas ; le dernier non plus, La femme du Vème.
For all that, je vais quand même l’acheter (et le lire). Peut-être qu’il me tombera des mains au bout de cinquante pages ou peut-être, au contraire, vais-je le dévorer entre deux rails de métro, ou comme une poire pour la soif. Pourquoi ?
Parce-que j’ai vu Douglas Kennedy dans une séance de dédicaces à la Fnac, disais-je. J’aime les chats, et il m’a fait penser à un greffier potelé, à l’aise dans son corps et dans l’espace. Nonchalant et naturel – excepté son rire, nerveux – bonhomme au milieu de toutes ces souris, disponible et gentleman comme un baisemain sur le dos d’une pogne.
Il est sans doute rompu à ce genre d’exercice mais j’ai aimé sa patience et sa façon de demander des précisions pour personnaliser ses dédicaces. Œuf corse, comme la plupart des étrangers il parle très bien le français et me renvoie dans les cordes de mon niveau scolaire et de ma paresse à chaque phrase justement dite, justement rétorquée à chacune de ses fans. Oui, chacune : il semblerait que cet auteur ait un public largement féminin. D’ailleurs, j’ai souri quand l’une d’elles s’est extasiée sur sa capacité à « si bien comprendre les femmes », comme si nous étions toutes blotties sous la pèlerine d’une pensée unique, et que si elle est comprise, nous le sommes toutes de fait à travers elle. Bien sûr qu’on lui pose la question à chaque fois, puisqu’il prend la pause pour mieux soupirer : « je vois le monde avec les yeux de mes narratrices ». Je suis sûre que les dames entendent : « je vois le monde avec les yeux de mes lectrices ». C’est en tout cas une jolie manière de rappeler que l’écriture n’a pas de sexe, et j’aimerais qu’il le dise aux éditeurs qui polluent les stands des librairies avec cette nouvelle vague de bouquins pseudo girly.
Ce qui m’a fait sourire également en voyant cette vidéo, c’est la première image que j’aie d’un écrivain – présente même devant l’évident égotisme extraverti de certains, même devant leurs logorrhées oratoires – qui scénarise un personnage plutôt introverti et très fâché avec l’oralité, enchaîné à son écritoire pour exprimer avec les mains ce qu’il n’arrive pas à sortir par la gueule. Elle était parfaitement contredite par cet auteur poli, soucieux d’autrui et familier des contacts avec l’Autre.
Pour cela je lirai son dernier livre, et tant pis si ça augure un malentendu.
Commentaires
Kennedy ???? Pourquoi ce nom me dit quelque chose ?
... Ah oui.. Nigel !
Paulette
Lol ! Dont j'ai le dernier album d'ailleurs :o)
Avec précaution...
Ce Kennedy là, avec son air de bestseller's boy et de successful writer du West Side est avant tout un efficace dynamiteur de l'Amérique bien-pensante. Ses bouquins se lisent comme des romans de gare mais laissent échapper des vapeurs d'acide chlorhydrique qui débouchent les trous de nez. Prudence, et bonne lecture !
Il passe à Librairie Goulard, à aix en provence, cette semaine, pour dédicacer son dernier livre !
Smara
Ok, j'en prends bonne note :o)
Tietie007
Argh ! Trop à l'Est pour moi, mais merci pour l'info :o)
mais bien-sûr, comme il a l'air d'un gros chat aimable, et son rire est très bien aussi, je comprends que tu aies craqué, tu nous diras ce qu'il en est?
et moi
J'ai lu quelques ouvrages de ce cher Douglas. Je ne m'en vante pas trop parce que c'est de la littérature facile avec des ficelles assez décelables. Mais c'est distrayant et comme tu l'as remarqué le bonhomme -qui adore la France - est plutôt sympathique. Par contre, je ne connais pas son dernier opus. Bonne lecture!
C'est vrai que quand on y pense, les femmes ont cette étrange tendance a penser qu'elles ne forment qu'un groupe homogène avec qu'une seule et même aspiration...
J'avais jamais remarqué...merci !
Surtout pas le dernier, tous les autres oui oui oui mais pas la femme du vème. Enfin c'est mon avis.
Planeth
ok, je te tiens au jus.
Auteure
Si c'est distrayant, je vais me laisser tenter...
Jovialovitch
C'est en effet ce genre de quiproquo qui a fait écrire d'énormes conneries à Freud :o))
Mab
Je n'arrive pas à laisser de commentaire chez toi, saleté d'overblog !
Tu as gagné, je vais commencer par un de ses vieux bouquins à la bibli du coin et je verrai...
J'ai lu un livre ou deux de lui mais... c'était bien et puis j'ai oublié de quoi cela parlait donc l'appréciation est revue à la baisse!
Exellent, j'ai bien ri...
'fectivement, cette société voudrait qu'au travers d'un stéréotype donné, la majorité se reconnaisse dans ce dernier...
Bref, j'ai aussi pensé au Kennedy qui nous fait de la musique, donc ,j'étais un peu perdu sur le coup, mais j'ai vite récupéré mes pattes...(ah! oui! j'aime assez me comparer aux chats !)
A+
Le bru
(jviens de me relire, c'est vraiment brouillon tout ça! tant pis, j'assume, j'frais mieux une autre fois !)
contente d'avoir retrouvé (par hasard) l'auteur du parfum de bris de mots... Sinon, pas lu Kennedy, c'est le genre d'auteur dont je me dis : ça me tombera un jour ou l'autre entre les mains, laissons faire. J'attends, donc.
J'adore Douglas Kennedy, en particulier "cul de sac" qui est un excellent roman noir et "au pays de Dieu" qui est un récit de voyage chez les chrétiens américains (effrayant aussi mais pour d'autres motifs !)
Caroline
Merci je vais les lire :o)
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