25.11.07
Bobin page 61
Christian Bobin est un des mes auteurs favoris, qui brode autour de moi un paradoxe qui m’interpelle et me fait tourner la tête pour essayer de l’apercevoir et y donner un sens : il arrive à me plonger dans des transports d’émotion avec une poésie, une répétition de mots-clés lumineux et blanchis et une adoration pour Dieu et ses saintes là où d’habitude je m’y désintéresse et ennuie.
A la toute fin de ce matin mais pas trop proche de l’heure de fermeture, je suis allée faire un tour dans la bibliothèque de mon quartier. Un des rares lieux où l’on peut encore croiser des curieux de lire ou des avides d'information dans le silence et le chuchotement. J’hésitais devant les magazines en libre lecture, aucun ne me faisait envie et je sentais que j’allais rentrer bredouille. J’ai finalement consulté le Monde des Religions alors que je ne le lis jamais. Le chasseur d’Isabelle et l’orpailleur à ce moment là n’étaient pas mes cousins, car ma pépite se trouvait à la page 61, avec une chronique de Bobin. Tiens, le fou de Ste Thérèse de Lisieux écrit pour cette revue ? Ca ne m’étonne pas, j’aurais dû m’en douter ! Au temps pour moi je suis mauvaise langue, son Dieu mon hasard m’avait mis une adorable synchronicité entre les mains, puisque j’apprends en lisant l’édito que c’est sa première chronique dans cette revue.
Il y adresse une lettre à Sandrine Bonnaire pour évoquer le documentaire qu’elle a réalisé autour du handicap de sa soeur. Il décrit certains des protagonistes filmés et a pour l’un deux, « jeune homme que des crises soudainement plaquent au sol » cette phrase terrible et magnifique :
« Dieu avait écrasé sa cervelle avec son talon sans le faire exprès.»
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